Bonjour,
Nous vous l’avons déjà écrit dans nos précédents articles, il est tout à fait exclu de politiser les propos que nous tenons dans ce blog.
Il n’en reste pas moins que l’élection présidentielle aura lieu dans 10 mois, et que la campagne est déjà lancée.
Et nous pensons que vous serez intéressés de savoir ce qu’il pourrait advenir de l’avenir de nos retraites après cette élection.
Nous avons fait le choix de vous présenter ici les propositions des quatre principales formations politiques qui vont peser dans le débat : Front National, Nouveau Centre, Parti Socialiste, UMP.
Dans le souci de rester impartiaux, nous vous présentons ces tendances dans l’ordre alphabétique.
FRONT NATIONAL
Le système de retraite par répartition auquel les Français sont attachés connaît un déséquilibre financier qui ne fera que s’aggraver, malgré les deux réformes (1993 et 2003) que le régime général et le régime de la fonction publique ont connues. Il faut d’ailleurs noter que la France est l’un des derniers pays développés à réformer, et encore partiellement, son système de retraites et à prendre en compte un problème démographique pourtant prévisible et prévu, depuis des décennies.
Car les causes réelles du déficit des retraites, qui mettent en danger le principe même de la répartition, sont :
- La croissance économique faible et le chômage (le taux d’emploi des Français est parmi les plus faibles des pays industrialisés).
- Les données démographiques : natalité insuffisante, vieillissement de la population, allongement de la durée de vie. Il n’y a plus aujourd’hui qu’un peu plus de 2 cotisants pour un retraité, contre 4 il y a 25 ans. En 2050, il n’y aura plus que 1,3 à 1,4 actif pour un retraité.
- Le mode de financement de la protection sociale, qui pèse essentiellement sur le travail, avec ses implications en termes d’emploi.
Le Front National, pour sauver notre système de retraite par répartition, propose d’engager une véritable politique :
- d’encouragement de la famille et de la natalité, au lieu de recourir à une immigration coûteuse et déstabilisante.
- de retour au plein emploi pour les Français (rappelons que seuls 39% des Français de 55 à 64 ans ont un emploi)
Le Front National soutiendra le maintien à 40 annuités maximum de cotisation sans considération d’âge légal de la retraite et la liberté donnée aux Français de travailler au-delà s’ils le
désirent (la retraite étant proportionnelle à la période effective de cotisation, avec un taux plein à 40 annuités).
Tout cela ne sera possible, dans le contexte actuel, que si nous prenons les mesures d’urgence qui s’imposent. Il est notamment important de faire des économies sur les dépenses les plus nocives
et les affecter aux retraites :
- Union européenne (19 milliards d’euros versés chaque année à Bruxelles, et 12 en retour,
pour quel résultat ?)
- Immigration, dont le coût est évalué à 60 milliards d’euros par an
- Fraude sociale (10 millions de fausses cartes vitales en circulation, qui aura le courage de s’y attaquer ?)
- Décentralisation et gabegie des collectivités locales.
Il faut également en finir avec les inégalités et les injustices, en proposant aux Français :
- D’élargir le financement des retraites aux revenus du capital (stock options, produits financiers divers…) et mettre en place des droits de douane sociaux et environnementaux pour taxer la concurrence déloyale, protéger notre industrie, et dégager des ressources nouvelles.
- Une harmonisation des régimes de retraite (entamée partiellement par la réforme de 2003), en regroupant les différents régimes de base en un seul régime national, géré directement par l’État et sous contrôle du Parlement.
- Le choix laissé aux régimes spéciaux qui n’ont été affectés par aucune des réformes de 1993 ou 2003 : soit ils s’incluent avec les mêmes obligations et prestations dans le régime national et bénéficient de la solidarité nationale, soit ils prévoient un financement spécial, hors fonds publics, pour maintenir leurs spécificités.
- La prise en compte de la pénibilité du travail et des contraintes professionnelles dans le calcul des annuités (en particulier, droit pour l’État de maintenir des règles spécifiques pour ses personnels dits en service actif), sur base de négociations de branches.
- L’amélioration et la simplification des pensions de réversion : 60 % de la retraite réelle du conjoint décédé, sans conditions de ressources, pour les veufs ou les veuves de retraités non remariés.
- La représentation des retraités, avec droit de regard au même titre que les organisations syndicales et patronales, sur la gestion de l’organisme national de retraite.
- La revalorisation des retraites et du plafond de la Sécurité sociale selon l’indice d’évolution des salaires.
- Que les travailleurs étrangers soient incités à prendre leur retraite dans leur pays d’origine.
NOUVEAU CENTRE
Le Nouveau Centre approuve l’augmentation de la durée d’activité pour liquider la retraite de 60 à 62 ans et le report pour pouvoir bénéficier d’une retraite sans décote de 65ans à 67
ans. D’autant que ces reports sont progressifs : un trimestre par an.
Le Nouveau Centre approuve également l’utilisation du fonds de réserve pour financer les déficits d’ici 2018. Il ne serait pas raisonnable d’emprunter pour financer ces déficits alors
que nous disposons d’une réserve de 33 milliards.
Cependant, le Nouveau Centre regrette vivement que le Gouvernement n’ait pas profité de cette loi réformant les retraites pour s’engager vers une vraie réforme d’équité : un régime
universel unique à points ou mieux à comptes notionnels, géré par les partenaires sociaux avec mise en extinction des régimes spéciaux. Une telle réforme aboutirait à ce que chacun de nos
concitoyens paie une cotisation unique, que sa retraite soit calculée selon les mêmes critères.
Cependant, l’idée progresse. Le texte prévoit qu’en 2013 une réflexion sera engagée sur
les conditions de mise en œuvre d’un régime universel. Nous regrettons ce délai. En effet, la mise en œuvre d’une telle réforme demande du temps et celui-ci nous est compté. Il est grand temps de
l’engager.
Le Nouveau Centre a émis des doutes également sur le financement de cette réforme. L’équilibre ne semble pas assuré en 2018. Les travaux du COR sur des bases économiques optimistes
montrent un besoin de financement de 48 milliards, seuls 23 semblent couverts.
Une forte participation de l’Etat, de quinze milliards, est prévue chaque année pour équilibrer le
régime des fonctionnaires, ce qui, compte tenu de l’endettement de l’Etat signifie un financement par la dette.
Nous étions favorables à des financements complémentaires, notamment par la CSG, qui permettraient l’équilibre de nos retraites et des avancées sociales significatives pour les polypensionnés,
les petites retraites, les veuves notamment.
Des avancées sont cependant intervenues au cours des débats sur les mères de famille, les carrières longues, les polypensionnés, et la pénibilité. Un système basé sur les comptes notionnels
règlerait ces problèmes.
Pour les carrières longues, est-il juste de maintenir une durée de cotisation de 8 trimestres supplémentaires pour pouvoir bénéficier de la retraite ?
Pour les polypensionnés, il salue l’avancée pour les « non droits » de la fonction publique (les moins de 15 ans) et regrette que l’on ne puisse appliquer aux polypensionnés la règle simple des
25 meilleures années. Un rapport nous permettra peut-être d’avancer l’année prochaine lors de la loi de financement de la sécurité sociale.
La pénibilité est prise en compte. L’important est d’améliorer la prévention, de définir la pénibilité, de conforter l’Observatoire de la pénibilité puis de compenser. Le taux d’incapacité à 10%
constitue un progrès mais il faudrait prendre en compte les effets différés dus aux expositions à des conditions ou des produits potentiellement nocifs.
Le Nouveau Centre approuve les mesures principales de ce projet de loi, issu de la CMP, renouvelle son souhait d’une mise en œuvre rapide d’une vraie réforme allant vers un régime unique à point
ou à compte notionnel.
Il paraît également fondamental de relancer le dialogue social portant notamment sur l’emploi des séniors et l’entrée des jeunes dans le monde du travail.
PARTI SOCIALISTE
D’abord la sauvegarde du système par répartition. En clair, les salariés payent des cotisations qui sont reversées aux retraités.
Ensuite, le maintien du droit de départ à la retraite à 60 ans. Le gouvernement n’assume pas de militer ouvertement pour l’allongement de la durée de cotisation. L’allongement de la durée de cotisation a poussé l’âge moyen de départ en retraite à 61 ans et demie environ. Mais il y a une incohérence: même si vous avez cotisé tous vos trimestres – soit 40 ans et demi actuellement – il est impossible de partir en retraite avant 60 ans. Certains prennent leur retraite à 61 ou 62 ans aujourd’hui. Mais ceux qui ont travaillé tôt ou qui exercent un métier pénible doivent pouvoir cesser de travailler à 58 ou 59 ans.
Et évidemment, l’allocation pour chaque retraité d’un niveau de pension qui lui permette de vivre décemment. Actuellement, c’est tout l’inverse: la moitié des retraités touchent moins de 1.000 euros par mois. Et un million d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté.
Pour parvenir à cet objectif, le PS se laissera guider par deux principes.
Avant tout, des règles justes. Dans la prochaine réforme des retraites, il faudra prendre en compte la pénibilité du travail. Ainsi, les salariés exerçant les métiers concernés auront la possibilité de partir en retraite avant 60 ans, s’ils ont validés leurs trimestres. De même, les salariés qui sont entrés sur le marché du travail tôt et qui ont validé le nombre requis d’années de cotisations pourront partir avant 60 ans.
Une vraie politique pour l’emploi des séniors. Comment débattre sérieusement de l’âge de départ à la retraite quand parmi les plus de 55 ans, seul une personne sur trois a un travail?
Une fois ces principes affirmés se pose la question du besoin de financement de notre système de retraites: il n’est pas équilibré jusqu’en 2020. Il y a même urgence: nous avons besoin de 25 milliards d’euros d’ici 2012, et 68 d’ici 2050. Face à cela, il y a des moyens:
Que les salaires ne soient plus les seuls à financer les retraites. Aujourd’hui, les cotisations retraites ne reposent que sur les salaires. Il est tout à fait envisageable de prélever des cotisations sur les revenus de la valeur ajoutée. Le Fonds de réserve des retraites serait également d’un secours profitable.
Le PS propose également de prélever des cotisations sur les stocks options.
A la clé: rien de moins que 5 milliards d’euros pour contribuer à l’effort de solidarité que représente notre système de retraites.
UMP
Une réponse démographique à un problème qui est avant tout démographique
• Pourquoi faut-il réformer notre système de retraite ?
Dans notre système de retraite par répartition, ce sont les actifs d’aujourd’hui qui paient les pensions des retraités d’aujourd’hui. En 1980, il y avait 3 actifs pour payer la retraite d’un
retraité.
Aujourd’hui, parce que nous vivons plus longtemps, et c’est une très bonne nouvelle, il n’y a plus que 1,8 actif pour payer la retraite d’un retraité.
Avec un déficit de 32 milliards d’euros pour l’année 2010, notre système de retraite est en danger.
Et, si l’on ne fait rien, le déficit annuel pourrait atteindre les 45 milliards d’euros en 2020.
• Pour rétablir l’équilibre de notre système de retraite par répartition, il n’y a que 3 leviers possibles :
- La baisse des pensions de retraite, et il n’en est pas question.
- L’augmentation des cotisations, mais cela reviendrait à affaiblir le pouvoir d’achat des Français et à freiner la compétitivité de nos entreprises.
- Travailler un peu plus longtemps. Puisque nous vivons beaucoup plus longtemps, nous pouvons travailler un peu plus longtemps ; c’est le levier que nous choisissons, comme l’ont
fait tous nos voisins européens.
• Le raisonnement est simple et de bon sens
Il faut une solution démographique à un problème qui est avant tout démographique.
Nous vivons plus longtemps. Il nous faut donc accepter de travailler un peu plus longtemps.
DERNIERE MINUTE
On l’apprend ce lundi 4 juillet :
La dernière réforme des retraites n’a commencé à produire ses effets que depuis le 1er juillet. Et pourtant, l’âge de départ en retraite pourrait encore reculer, révèle Le Figaro, dimanche 3 juillet.
Le site du quotidien affirme que le Conseil d’orientation des retraites, le Cor, rendra mercredi un avis préconisant que les générations nées à partir de 1955 devront cotiser un trimestre de plus.
Cette augmentation correspondrait à l’application mathématique de la loi Fillon de 2003, qui prévoir de faire évoluer la durée de cotisation proportionnellement à l’espérance de vie à partir de 60 ans. Or, selon l’Insee, elle atteint actuellement 24,4 ans, soit près d’une année gagnée en quatre ans.
Le Figaro souligne cependant que deux conditions doivent être remplies. « Tout allongement de la durée de cotisation doit être annoncé à l’avance pour laisser les futurs retraités s’organiser », c’est-à-dire avant la fin de l’année 2011, selon le quotidien. Ensuite, la décision doit être prise par décret. Il n’est donc pas sûr que le gouvernement prendra le risque politique de mécontenter les électeurs à quelques mois de l’élection présidentielle.
EN RESUME
Nous vous laissons juger ces différentes options qui pourraient être décidées après l’élection présidentielle, à partir des différents constats que nous avons établi dans nos précédents articles.
Il est clair que le sujet vous interpelle, car notre blog a reçu plus de 2 400 visites depuis sa mise en ligne le 24 mars dernier.
N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires !